Devenir traducteur freelance : le choix d’un statut, votre première décision en tant que chef d’entreprise !

8 janvier 2021

Que vous soyez jeune diplômé d’une école de traduction ou professionnel d’un secteur autre que celui de la traduction en pleine reconversion, l’épineuse question du statut juridique s’est certainement posée !

Voici quelques éléments pour vous permettre de dédramatiser la situation et prendre cette première décision en toute sérénité. 

Entre traducteur auto-entrepreneur (la micro-entreprise en réalité), traducteur gérant de société et / ou salarié (mais laquelle…entre la SARL / EURL et la SASU… on s’y perd…), une chose est certaine : vous vous devez de vous informer et de vous faire conseiller pour prendre les bonnes décisions. Même si vous avez le meilleur expert-comptable au monde, la décision vous appartient à 100 %. Il en va de l’avenir de votre activité qui, j’espère, sera très long et prospère ! 

Tout le monde parle de « devenir auto-entrepreneur » mais de quoi s’agit-il exactement ? et est-ce que ce statut est adapté aux métiers de la traduction ?

L’état définit ce régime comme ce qui suit : 

« Le micro-entrepreneur, ou auto-entrepreneur, bénéficie d’un régime unique et simplifié, destiné à faciliter un début d’activité. »  

Mon avis ? La micro-entreprise est rapide, facile et PROVISOIRE. Avec un plafond de chiffre d’affaires de « 72 600 euros pour les activités de prestations de services ou non commerciales » ,ce statut n’est pas aussi inintéressant qu’à sa création quand le plafond des recettes autorisées était plus bas. 

Les plus de la micro-entreprise pour les traducteurs :  

  • Une création simplifiée à coût zéro (pas de statuts à rédiger, pas d’avances de charges sociales à payer…)
  • Des déclarations simples et une gestion des cotisations transparente (on paye sur ce qu’on encaisse « en temps réel »)
  • Lorsqu’on démarre, on peut se concentrer sur l’essentiel, son métier (la traduction) et la prospection (pour trouver des clients)  

D’ailleurs, si vous souhaitez savoir où vous en êtes avant de vous mettre à votre compte en tant que traducteur freelance, notre auto-évaluation vous aidera à y voir plus clair ! 

D’après mon expérience, si vous exercez à temps plein, vous allez au bout de 2 ou 3 ans atteindre une sorte de vitesse de croisière ou un palier (entre 40K euros et 60 K euros de chiffre d’affaires). Et vous allez y rester…  

Sauf si vous investissez ! Seuls des investissements conséquents vous permettront de briser ce plafond de verre et d’augmenter vos revenus :  

  • Des investissements en vous, c’est-à-dire en vous formant pour vous spécialiser, par exemple
  • Des investissements dans des outils (logiciels de TAO, CRM, etc.)
  • Des investissements dans la sous-traitance de tâches administratives et comptables, voire plus…
  • Des investissements marketing et communication (déplacements à des évènements professionnels de vos clients potentiels, un site web, du conseil en marketing) 

Les limites de la micro-entreprise pour les traducteurs : 

Et c’est là où le statut de la micro-entreprise atteint ses limites. Si vous avez repéré une super formation de traduction qui, de façon sûre, vous fera progresser alors que vous devez financer le coût de la formation et du déplacement associé de votre poche, quelle est la probabilité que vous fassiez vraiment cet investissement ? Idem pour les outils informatiques qui vous feront gagner en productivité ! Ou un site web qui va augmenter votre visibilité ! Vous allez certainement être réticent devant certains investissements qui sont, pourtant, nécessaires pour vous sortir du palier de revenus où vous vous trouvez. Contrairement aux apparences, faire soi-même (apprendre un nouveau logiciel sans formation, faire son site web soi-même) n’est pas gratuit… Les longues heures que vous consacrez à ce genre de tâches sont autant d’heures que vous ne facturez pas à vos clients…

Vous avez compris, au-delà d’un certain chiffre d’affaires, il faut dépenser (investir) pour gagner plus et le statut de l’auto-entrepreneur ne vous permet pas de le faire en toute sérénité. 

Pour changer de statut (souvent un choix entre gérant de SARL / EURL ou gérant-salarié de SASU, par exemple), il faut se poser, fixer des objectifs de croissance et déterminer une stratégie d’optimisation fiscale et de rémunération du dirigeant qui soit également cohérente avec sa situation personnelle. Et la boucle est bouclée…on refait un point sur les règles fiscales, on se fait conseiller par un ou plusieurs experts-comptables et on prend la décision en toute connaissance de cause ! En route pour la croissance !

Par Sara

Sara Freitas est l'auteur des Recettes du traducteur. D'origine américaine, elle est traductrice et rédactrice indépendante installée en France depuis 2003.

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2 Commentaires

  1. Avatar

    Bonjour Sara,

    Merci pour ce sujet très intéressant et qui n’est pas évident à aborder étant donné la complexité et la diversité des situations.
    Il existe un autre statut possible, très peu connu, qui est celui d’associé salarié en coopérative. C’est un statut sur lequel je me renseigne en ce moment. Plus d’info sur https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/differentes-facons-dentreprendre/entreprendre-autrement/cooperatives-dactivites.

    Mireille

    Réponse
    • Sara

      Bonjour Mireille, c’est un statut qui a l’air d’avoir pas mal d’avantages. Effectivement, maintenant que j’y pense, je connais des personnes (consultants) qui font partie d’une société coopérative. Tenez-nous au courant de vos recherches et de votre choix !

      Réponse

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